Je n’étais pas spécialement emballé mais quand même très intrigué par ce format d’épreuve vu nulle part ailleurs. Mais ça se passait sur la route où j’ai appris à faire du vélo et sur les chemins sur lesquelles j’ai couru les vaches il y a looooontemps puis roulé à mono plus tard alors je me suis dit que je ne pouvais pas ne pas y participer.
Je m’étais organisé comme si j’allais rouler sur les 12 heures mais je ne savais pas si je le ferai. J’étais parti en me disant que je m’arrêterais si ça devenait trop dur. Le fait que le nombre de départ était limité à 12 a fait que nous avions cet objectif. S’il avait été non défini je pense que nous nous serions arrêté plus tôt. J’avais donc prévu une chaise de camping (même un matelas mais je ne l’ai pas sorti), un truc à manger pour chaque pause (la boulangère d’à côté est ma nouv€ll€ amie), de la poudre énergétique dans des bouteilles (je n’avais plus qu’à mettre de l’eau si je continuais)(500 mL/h), une grosse veste pour ne pas me refroidir et du public (vu que j’étais quasi à domicile) pour m’accompagner sur certains tours (au bord de la route, à vélo ou à pied sur la boucle).
Je m’étais inscrit en catégorie Espoir (à mon âge, la grosse blague)(ce serait plus Désespoir) donc boucle d’un peu moins de 7 km (8 km pour les Experts).
Le parcours était vraiment bien. Au début il y avait 1 km de plat sur route pour se remettre dedans, ensuite des difficultés (montée-plat-descente-plat-la fameuse montée en herbe-plat-descente) puis nous terminions par de la descente sympa et du faux-plat descendant sur route.
Bon il y a bien eu un débat lancé par le troll de service (il avait le temps aux pauses) pour savoir s’il fallait renommer l’épreuve Last Man Graveling mais disons que dans la région on ne pouvait pas faire mieux.
Du PC course on pouvait voir arriver de loin les participants dans la ligne droite finale.
Sur les premiers tours j’ai mis un peu de temps à trouver le rythme ; quand enclencher, quand désenclencher, quand marcher, à quelle vitesse aller, quand faire la pause pipi horaire, quelle ligne prendre dans les deux parties (un peu) technique ? J’ai optimisé au fil des tours et j’attends les temps pris par Aurélien à chaque tour pour voir ce que ça a donné. Finalement ça fatigue aussi de marcher, si on peut rouler c’est mieux et le pipi en route ça fait perdre du temps, les autres te doublent et c’est pas bon pour le moral !
Aux tours de 10 h, 11 h, 12 h j’ai eu des visites de connaissances locales. À 13 h il y avait spaghetti-bolo. À 14 h il y avait re-spaghetti-bolo. À je ne sais plus quelle heure j’ai changé de caleçon bah mon pote ça m’a changé la vie.
Les tours se sont enchainés ; je me demandais bien un peu à quoi bon et pourquoi je faisais ça mais je me sentais bien, je n’avais pas les douleurs au genou droit (ça m’arrive quand je roule longtemps)(j’enlevai mes protect’ à chaque pause, ça me débloquait bien la rotule), l’ambiance à la pause et en roulant était bonne, je n’avais rien d’autre de prévu ce jour-là donc j’ai continué. À chaque fois je kiffais sur le mono. Je montais les côtes le plus doucement possible, je déroulais sur le plat, je m’amusais en descente, les pauses étaient sympas, j’ai pu continuer à m’alimenter alors la journée est passée.
Au bout d’un moment nous avons arrêté de compter les tours réalisés et nous avons commencé à compter ceux qui restaient à faire… À chaque H h 55, Aurélien braillait Départ dans 5 min. Il commençait à nous gonfler avec son Départ dans 5 min. On a failli lui faire bouffer son Départ dans 5 min pour aller faire la sieste… En espoir personne n’abandonnait. J’ai continué comme tout le monde.
J’ai essayé de gérer l’avant dernier tour pour économiser mes dernières forces.
J’ai roulé en 26”S avec des manivelles de 150 et un pneu cross ; ça m’a permis de dérouler et de prendre de l’avance sur le plat du début (toujours bon pour le moral)(et j’arrivais en tête devant mon public) puis je désenclenchais et je montais doucement, je me faisais rattraper par les autres qui roulaient en 29”. Ensuite je me faisais doubler par Maxence qui avait un kilomètre de plus à faire. Les rattrapages se faisaient toujours plus ou moins au même endroit du parcours c’était amusant. Je finissais les tours entre la 3e et la 6e place (Espoir) suivant les tours.
Au départ du 12e (et dernier) tour l’ambiance bonne enfant des départs précédents a changé ; la vraie course commençait en fait et c’était plus un départ de cross de CFM le couteau entre les dents que de randonnée saucisson.
En expert Maxence a survolé les 11 premiers tours, montant toutes les côtes à mono (je voulais lui dire MAXENCE-TU-TE-CALMES mais je n’ai pas pensé) et laissant derrière lui les 5 autres concurrents Expert, se permettant de crever et de changer sa chambre à la pause et de s’arrêter ensuite pour resserrer ses étriers.
C’est parti à fond. J’ai essayé de faire un maximum d’écart sur le plat et de maintenir un certain rythme dans la première montée. Adrien m’a rattrapé plus loin qu’aux tours précédents puis Bastien et je suis resté 3e/7 espoir. Je pense que le dernier tour a été mon plus rapide. Peut-être le plus agréable aussi ; le Last Man Muniing c’est tellement bien… quand ça s’arrête !
Ça donne :
12 tours de 6,8 km soit 82 km
2 100 m de D+
Environ 7 h 30 de mono (entre ? et 41 min par tour)
Au moins 84 enclenchement/désenclenchements en tout !
Dans la montée en herbe (la fameuse)(comme tout le monde l’appelait) Alain (en Expert)(qui roulait à cet endroit pour la première fois de la journée je crois) m’a doublé suivi de Maxence à 50 m (qui marchait pour la première fois de la journée à cet endroit). Finalement Maxence a réussi à doubler Alain juste avant la ligne. C’est une des rares courses où le classement était difficilement prévisible. Notons qu’Aurélien a roulé le dernier tour (seulement le dernier, pris toute le journée par l’orga) et a largué tout le monde (en 29”/127).
L’organisation d’Aurélien et de son équipe de choc était vraiment top. Il y avait le soir remise des prix (plaquettes de bois sérigraphiées personnalisées avec le nom et les classements) et repas tous ensemble avec des gens du club d’Aurélien et c’était très sympa.
Le camping dominant la mer était incroyable.
Il a fait beau (plusieurs fois). À un moment il a plu alors j’ai proposé de la crème solaire, tout le monde a rigolé et 10 min après on cramait (oui j’exagère un peu) sous le soleil. Il y avait du vent d’ouest, ce qui fait que nous l’avions dans le dos sur le plat du début et dans la première montée et jamais dans le nez.
C’était très sympa de revoir les copains et de rencontrer des gens qui sortaient de nulle part (je crois que 4 participants sur les 13 prenaient part à une compétition de mono pour la première fois c’est l’avantage de ce genre d’évènements.